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 L'Actualité des actualités

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Averroes
Magistrat Inter-religieux
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Religion : Musulman
Sexe : Masculin Messages : 1544

MessageSujet: L'Actualité des actualités    Dim 20 Mai - 13:14



Une table ronde autour du thème de

Philosophie et journalisme

Avec la participation de
Patrick Champagne,
sociologue
Thomas Ferenczi,
journaliste au Monde ;
Alain Lhomme,
professeur de philosophie ;
Joël Roman,
rédacteur en chef à la revue Esprit ;
François Zourabichvili,
professeur de philosophie
Alain Lhomme : On doit se souvenir qu'il y eut, si curieux que cela paraisse, des philosophes journalistes. Un certain Emile Chartier, plus connu sous son nom de plume, Alain, fut journaliste dans un journal de la région de Rouen. Un certain Camus, qu'on peut situer comme philosophe ou écrivain, fut journaliste. On pourrait analyser aussi les rapports plus complexes que Sartre entretenait avec la presse, avec les journaux et avec les revues. Et s'il est en quête d'autorités plus anciennes et de noms plus prestigieux, peut-être tout professeur de philosophie, s'inquiétant de ce qu'est le journalisme, devrait-il méditer ce mot de Hegel, selon lequel « la lecture des journaux est la prière du matin ». Hegel, qui est en même temps peut-être le philosophe à avoir pensé, de la façon la plus soutenue et la plus radicale, cette curieuse notion qu'est l'actualité. [...]
On pourrait dire que l'actualité des actualités vient de la saisie ou de la tentative de saisie de ce qui arrive, autrement dit d'un certain nombre de faits, d'événements, de données, immédiatement traduits en informations. Encore faut-il préciser que ces informations ont une certaine forme. On peut d'ailleurs, dans le mot "information", entendre l'autre sens du verbe "informer", qui est "donner forme", une certaine forme, et il faut peut- être réfléchir sur cette forme journalistique, médiatique, que prend l'information. Qu'on songe par exemple que d'autres modes d'écriture ou de recueil de l'information peuvent exister, qui ne coïncident pas avec la pratique journalistique. Lorsque l'on demande un rapport aux Renseignements généraux ou que l'on consulte des dépêches diplomatiques, on réunit des informations selon une forme de narration, une forme d'analyse, qui ne ressemble pas aux formes de narration du journalisme. Quoi qu'il en soit, l'actualité, en ce sens, est quelque chose qui apparaît comme une mise en forme, et plus encore, comme une mise en scène. Quel est le degré de réalité, de consistance, des actualités en question, si une actualité ne devient telle que lorsqu'elle est mise en scène ? En ce sens, on pourrait se demander s'il y a une scène réelle derrière la scène médiatique, et s'il y en a une, quelle est-elle ? Dans quelle mesure le médium fabrique-t-il l'information, voire l'événement ? [...]

"Que signifie le souci que nous avons d'être actuels, de coller à l'actualité ?"

La mise en scène ou la mise en forme de l'actualité répond à cette propriété singulière qui fait que le journalisme, le traitement télévisuel médiatique, journalistique de l'information, ont tendance à transformer tous les faits, toutes les
données, toutes les informations, en événement, à leur donner la forme à la fois brève, courte et spectaculaire, aisément saisissable, de l'événement. Sans doute cela tient-il au fait que l'événement se prête facilement à la narration, qu'il prend volontiers un caractère spectaculaire. Mais qu'appelons-nous événement ? Y a-t- il quelque chose de réel, d'effectif, qui doive être pensé sous le concept d'événement ? Ou bien l'événement se donne-t-il toujours comme quelque chose de déjà raconté, comme s'il y avait toujours une pré-narration qui organise l'événement, qui le situe, et dont les médias seraient la caisse de résonance. [...]
A partir de là, nous pourrons nous poser une question plus radicale encore : faut-il absolument être de son temps ? Que signifie le souci que nous avons d'être actuels, de coller à l'actualité ? Ne faut-il pas parfois être délibérément inactuel ? Ou faut-il, inversement, être de son temps ?

François Zourabichvili : Comment expliquer qu'un fait soit d'actualité ? Dans quelles conditions le devient-il ? On dit toujours : « Il faut qu'un fait soit important ». Mais tout le monde sait bien qu'il y a des faits importants qui restent en marge de l'actualité. Il y en a d'autres qui ne semblent pas importants à tous les journalistes et que, pourtant, ils doivent traiter. [...]
On a longtemps parlé de la pollution, les épidémiologistes essayant d'alerter la population sur ses effets, et puis le thème est devenu d'actualité. De même, la corruption faisait l'objet de discussions de bistros depuis toujours. Et les médias en ont parlé. Il est à remarquer que la corruption et la pollution sont des virtualités par excellence. La corruption est par essence invisible, on suppose qu'il y en a toujours plus que ce que l'on voit, et la pollution nous ronge de manière imperceptible, personne ne sachant très bien quel en est l'impact sur nos corps. Ces thèmes sont devenus d'actualité alors que jusque-là, ils ne touchaient pas le public. [...]
Le processus d'actualisation est en décalage par rapport aux processus du monde. Il dépend à son tour du mécanisme ritualisé, institué, de l'actualité. On peut citer deux exemples de ce décalage, qui crée parfois des colères ou des incompréhensions. Les banlieues, tout d'abord. Il arrive que l'actualisation se fasse aux dépens de ceux qui vivent l'événement, qui ont beaucoup de mal à actualiser pour leur propre compte. Les banlieues font irruption dans l'actualité, et cela n'a rien d'une actualisation, au sens où quelque chose enfin viendrait à s'accomplir. D'où l'impression d'exploitation et de voyeurisme qu'ont parfois les gens : une population vient brutalement à exister, et puis elle retourne au néant. Il y a comme un régime d'actualité intermittente pour certains processus dans le monde. [.. .]

« tout le monde sent bien que le présent ne se réduit pas à des faits »

L'actualité, ce n'est pas l'actualisation. A la lettre, l'actualité n'est pas ce qui est en train de se faire, c'est ce qui est fait, c'est le fait, qui fait ensuite l'objet d'une information. Or tout le monde sent bien que le présent ne se réduit pas à des faits. Il est plein d'attentes, il est gros d'une mémoire, il est plein
d'angoisses. Les faits eux-mêmes suscitent angoisse et interrogations. Bref, notre devenir s'y joue. Tandis que l'actualité pure, au sens de fait, est bien évidemment détachée de tout cet environnement virtuel, qui fait notre présent vivant. D'où une inquiétude du philosophe quand on se donne comme objectif d'être informé. L'épatant, ce serait d'être bien informé. [...]
Une question se pose. Ce n'est pas de savoir ce qui va se passer demain, ce qui, là encore, est une question de fait, mais de savoir ce qui est en train de se passer au juste, de se passer vraiment. Il faut un rapport vivant à l'actualité, c'est- à-dire savoir ce qui nous arrive actuellement. Par extension, que signifie "arriver à ce moment-ci de l'histoire" ? C'est un lieu commun de dire que l'actualité, c'est l'essentiel de ce qui se passe. Seulement là, l'essentiel n'est plus de l'ordre d'une essence, ce n'est plus ce qui fait l'essence de notre présent, ou ce qui définirait notre époque. L'essentiel devient de l'ordre de l'événement. Il est en train de se passer quelque chose, quelque chose nous arrive, mais on ne sait pas quoi. C'est une question qui touche non plus au fait ou à l'information, mais au sens et à la destination. Telle est notre tâche, par rapport à l'actualité : ne pas seulement être informé, mais savoir que faire de toute cette information. [.. .]
Dans ce qu'on appelle l'actualité, il y a toujours quelque chose d'inactuel. Il n'y a de l'actualité que grâce à la part d'inactualité qu'il y a en elle. Ce quelque chose d'inactuel, c'est tantôt un rapport au passé, qui doit s'actualiser, tantôt un rapport à des virtualités diverses, qui peuvent être des idéaux ou des valeurs comme la barbarie, les droits de l'homme ou le communisme. Cela peut être aussi un passé immémorial qui hante l'actualité : l'origine. Le présent est aussi en prise avec le futur, sous la forme d'une imminence ou du sentiment obscur que quelque chose est en train d'arriver. En l'occurrence, pour nous, citoyens français en 1997, ce qui fait actualité, c'est tantôt notre rapport au passé en tant que destination, ou en tant que latence, effectuation non digérée : Vichy, la guerre d'Algérie, et le bolchevisme. Notre actualité, c'est aussi nos rapports à ce que nous présumons être notre devenir : la fin du travail, la mondialisation, l'avénement du village global, les nouvelles technologies, l'intelligence collective. [...]

Patrick Champagne : L'actualité est fabriquée par les journalistes : il suffit d'observer le fonctionnement de n'importe quelle rédaction pour voir le pouvoir des journalistes dans la fixation de l'ordre du jour, dans les choix parmi les dépêches d'agence, dans la mise en évidence de certains sujets (il faut voir comment certains sont passés sous silence) et dans la hiérarchie entre les sujets. Il y a même des journalistes chargés spécifiquement de ce qu'on appelle dans certaines salles de rédaction "l'actu", qui s'oppose au "magazine". "Actu", c'est ce qui se passe aujourd'hui, "magazine", ce sont des sujets pour lesquels les journalistes ont en général plus de temps, et qui ne dépendent pas de "l'actu". Quand on interroge des journalistes, certains nous disent : « L'actu, c'est ce qui nous embête, c'est ce dont on ne peut pas ne pas parler. Pourquoi ne peut-on pas ne pas en parler ? Parce que la concurrence en parle, parce que tout le monde en parle. Et parce que tout le monde en parle, nos lecteurs, ou nos téléspectateurs, veulent aussi savoir. » [...]
Les journalistes, dans les salles de rédaction, sont de plus en plus envahis par ce qu'on appelle la communication, soit sous des formes diverses qui peuvent dire leur nom, soit sous des formes beaucoup plus insidieuses. Finalement, est-ce que les journalistes font l'actualité, ou ne sont-ils que les simples agents, les simples marionnettes, qui font l'information du jour ? En d'autres termes, quelle est la marge de liberté, qui repose sur une réflexion proprement intellectuelle du journaliste sur ce que doit être l'actualité du jour ? [...]
Derrière l'événement, y a-t-il une réalité ? On peut donner deux exemples contrastés, l'un manifestement vu comme tel : la chute du mur de Berlin. Peut- être le véritable événement n'était-il pas là, et que c'était une conséquence d'un autre événement encore plus important qui a précédé dans l'appareil communiste de l'ex-Allemagne de l'Est, quand la Hongrie a commencé à ouvrir ses frontières. Autre exemple, celui des banlieues :
l'événement, pour les médias, c'est lorsque des voitures brûlent ou lorsque des pierres sont jetées. Or le véritable événement, pour les banlieues, c'est une décision en matière de politique du logement, prise par une commission de réflexion du plan, la commission Barre, qui a décidé en 1978 de transformer le système des aides au logement. On est passé de l'aide à la pierre à l'aide à la personne. Au lieu d'aider à la construction, on a donné une somme d'argent aux gens pour qu'ils aillent où ils veulent. Il y a eu des effets assez rapides dans l'année d'après. En l'espace de six mois, 20% de la population est partie avec des aides au logement à la personne. C'est un événement en apparence mineur, qui se déroule dans une commission feutrée d'un appareil d'Etat, qui va décider d'une mesure aux conséquences très importantes. Les médias en ont-ils assez parlé ? [.. .]

« dans la plupart des salles de rédaction, notamment des médias audiovisuels, la lecture de la presse du matin détermine les sujets »

Dans la plupart des salles de rédaction, notamment des médias audiovisuels, la lecture de la presse du matin détermine les sujets. On est là dans un cercle. La télévision est un média qui reprend l'information soulevée par les médias de presse écrite. Cette pratique n'est pas simplement faite pour se positionner par rapport aux concurrents, c'est aussi parce qu'il faut faire vite. On ne va pas simplement chercher l'article dont il faut parler, on va aussi chercher de la matière. Un journal, c'est aussi des colonnes à noircir tous les jours. On va donc chercher des idées : le pillage est une des choses les plus répandues dans le journalisme, et c'est considéré comme normal. On va chercher les idées de sujet dans les autres médias, sans dire où.

Joël Roman : La pression qui s'exerce sur la profession journalistique est fondamentale. Il y a quelques années encore, on disait que pour savoir le sommaire du journal télévisé du soir, il fallait regarder la "une" du Monde de l'après-midi. C'est de moins en moins vrai : aujourd'hui, si on veut savoir quelle sera la "une" du journal de presse écrite du matin, il faut regarder le journal télévisé de la veille au soir. La priorité est maintenant du côté de la télévision, pour des raisons qui tiennent non seulement à son impact et à sa puissance, mais aussi à une plus grande rapidité d'intervention, à des capacités techniques, de souplesse, qu'elle n'avait pas dans une période précédente, et au fond à une manière de traiter l'information qui lui est propre. [...]

« on a un système qui organise le pluralisme dans une logique de la concurrence, et non dans une logique de la diversité des opinions »

L'une des caractéristiques de l'espace public est son pluralisme : pluralisme des journaux, pluralisme des médias... Le pluralisme a longtemps fonctionné dans une logique de diffusion des opinions divergentes : il organisait des pôles d'opinion, au sens d'une presse d'opinion, politique pour l'essentiel. Aujourd'hui, le pluralisme est dans un système de concurrence, qui a des effets centripètes. Tout le monde produit, dans un système concurrentiel, quelque chose qui se ressemble. Il n'y a qu'à regarder les journaux télévisés : plus on a de concurrence, ou de différence de lieux d'émission, plus les produits livrés au public sont semblables. Cela joue aussi sur la situation des autres médias. Il n'y a qu'à voir la situation des hebdomadaires : il y a encore vingt ans, ils étaient relativement différenciés. Aujourd'hui, la différence, en tant que pôles d'opinion différents, est difficile à percevoir. A certains égards, ce phénomène atteint aussi les quotidiens. On a donc un système qui organise le pluralisme dans une logique de la concurrence, et non dans une logique de la diversité des opinions. [...1
L'espace public a une fonction importante dans notre société, assez ancienne, c'est de rendre visibles les acteurs sociaux les uns aux autres, et de leur permettre d'avoir un sentiment d'appartenance à une même société. D'une certaine façon, on voit bien, à travers la prégnance de l'audiovisuel, que cette fonction d'accès à la visibilité, y compris la visibilité physique des individus, est décisive, et les médias organisent le prisme de manière à focaliser le projecteur sur telle question, sur tel secteur, mais aussi sur des catégories sociales, ou sur des individus particuliers. Moyennant quoi, des parties de la population restent dans l'ombre. D'où des distorsions graves et parfois même un refus du droit à l'existence d'un certain nombre de gens qui n'accèdent pas à la visibilité publique. [...]
Il faudrait peut-être introduire des médiations entre le philosophe et le journaliste. On est dans un face-à-face trop marqué. Il faudrait montrer qu'il y a une pluralité des gestes et des genres philosophiques. La modernité de la philosophie commence avec l'irruption de l'actualité dans l'horizon de la pensée philosophique en lieu et place de l'éternité. Des philosophes comme Kant, comme Hegel, comme Nietzsche, travaillent désormais dans l'horizon du temps, même s'il y a aussi une méditation du rapport entre temps, époque, temporalité et éternité. Un philosophe négligé, qui est un bon passeur entre les philosophes et les journalistes, c'est Diderot. Il a eu constamment une pratique d'encyclopédiste, d'essayiste, d'écrivain, et de journaliste. Il avait une conception très "interventionniste" de la philosophie, avec un réel souci de la rendre publique. Entre le philosophe qui prend tout son temps et le journaliste voué au temps le plus court, il y a tout de même des relais possibles : le quotidien, l'hebdomadaire, le mensuel, et la revue introduisent un élément de réflexivité dans l'actualité. La demande sociale est importante car c'est aussi une demande de réflexivité. L'opinion attend des relayeurs, des passeurs, par le biais des revues, des essais, qui permettent d'introduire des ponts entre des recherches théoriques et un effort de saisie du sens du présent.

Thomas Ferenczi : Il est important que des journalistes soient à l'écoute des philosophes, des sociologues, des historiens, bref des chercheurs. Les "intellectuels", même s'ils n'aiment pas qu'on les appelle ainsi, nous apprennent beaucoup sur notre métier, ne serait-ce que par l'analyse des mots, et sur le monde social, puisqu'après tout nous sommes avec les sociologues et les historiens en concurrence dans l'analyse du monde. Les journalistes doivent avoir en permanence le souci de cette relation, sans pour autant abdiquer. [...]
Le système médiatique donne existence à ce qu'on appelle l'actualité par la sélection qu'il opère et par la construction qu'il produit. La question est de savoir selon quels critères. Les journalistes font-ils l'actualité, ou sont-ils de simples agents ? Ils ne sont ni l'un ni l'autre, ou ils sont les deux à la fois. Dans un Monde de l'Education, Daniel Roche parle de la demande sociale : « Les questions authentiques qui correspondent aux besoins épistémologiques et sociaux d'une génération d'historiens ne sont pas toujours celles qui émanent de l'air du temps. » Autrement dit, le journaliste, lui, par définition, par vocation, par métier, devrait répondre à la demande sociale, qu'il définit par ce concept un peu vague "d'air du temps", alors que l'historien, lui, devrait autant que possible s'abstraire de cette demande sociale. [...]
Les journalistes choisissent des sujets qui, selon eux, intéressent le public. Il y a ici une dimension commerciale. Les journaux, la radio, la télévision sont des entreprises qui ont besoin de vivre, ils ne sont pas financés par l'Etat comme les chercheurs. Il faut donc qu'ils trouvent un public. [...]
Ce qui distingue le journaliste du philosophe ou du chercheur, c'est aussi que le journaliste a des comptes à rendre à son lectorat. Le chercheur, d'une certaine manière aussi, mais dans des conditions différentes. Chaque journal a son public. Bien sûr la télévision vise de plus en plus le public le plus large possible, mais les journaux de presse écrite n'en sont pas là. Les journalistes du Monde savent ce que les lecteurs du Monde peuvent accepter, ce qui n'est pas la même chose que ce que les lecteurs du Parisien pourront accepter .
Source:LES CAHIERS DU JOURNALISME N°4 - JANVIER 1 998.(p 164-169)
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